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Chômage à 8,3 % : tout comprendre et les positions des 45 candidats à la présidentielle 2027

2026-08-13

Le taux de chômage a atteint 8,3 % de la population active au deuxième trimestre 2026, son plus haut niveau depuis l'automne 2020, selon les chiffres publiés par l'Insee le 7 août 2026. La nouvelle a aussitôt opposé le Premier ministre Sébastien Lecornu à Édouard Philippe, l'un des principaux candidats à la présidentielle de 2027, sur les causes de cette hausse.

8,3 % de chômage : ce que disent les chiffres

Au deuxième trimestre 2026, le nombre de chômeurs au sens du Bureau international du travail (BIT) a augmenté de 62 000 personnes par rapport au trimestre précédent, pour atteindre 2,7 millions de personnes. Le taux de chômage s'établit ainsi à 8,3 % de la population active, en hausse de 0,2 point par rapport au premier trimestre 2026 (8,1 %) et de 0,7 point par rapport au deuxième trimestre 2025. Le chômage des 15-24 ans dépasse désormais 21 %.

Lors de sa réélection en 2022, Emmanuel Macron visait un taux de chômage de 5 % pour 2027. Le chiffre publié en août 2026 est plus de trois points au-dessus de cet objectif.

La hausse du chômage, chronologie d'une controverse

Pourquoi ce chiffre divise

1. Un effet mécanique, ou un vrai échec ?

Une partie de la hausse s'explique par la réforme elle-même : en inscrivant d'office au chômage des bénéficiaires du RSA et des jeunes auparavant considérés comme inactifs, la loi plein emploi fait mécaniquement grossir les statistiques sans qu'un même nombre de personnes ait perdu un emploi. Selon le gouvernement, près de la moitié de la hausse du chômage observée depuis un an et demi (+0,44 point) tient à cet effet de périmètre. Pour l'opposition, cet argument sert aussi à minimiser une dégradation réelle du marché du travail, qui touche particulièrement les jeunes.

2. Baisser les charges, former, ou garantir un emploi ?

Au-delà de la polémique sur les chiffres, la question de fond reste entière : comment fait-on réellement baisser le chômage ? Le débat mélange en réalité trois questions distinctes, sur lesquelles un même candidat peut se situer différemment. Faut-il indemniser plus ou moins les chômeurs ? L'État doit-il créer lui-même des emplois ? Faut-il baisser le coût du travail pour les entreprises ? Un candidat peut très bien vouloir durcir l'indemnisation sans toucher aux cotisations, ou embaucher dans les services publics sans rien changer à l'assurance chômage.

3. RSA conditionné : le clivage qui a précédé la polémique

La loi du 18 décembre 2023 avait déjà, en son temps, séparé la gauche de la droite et du centre : la conditionnalité du RSA à des heures d'activité obligatoires a été votée par la majorité présidentielle et la droite, et combattue par la gauche et une partie des associations de lutte contre la pauvreté comme une atteinte aux droits des allocataires.

Les positions des 45 candidats à la présidentielle 2027

Le Quizz du Berger posait au départ une seule question, « Comment réduire le chômage en France ? ». Un utilisateur nous a écrit qu'elle était trop large : elle obligeait à choisir entre des leviers qui ne s'excluent pas. Il avait raison, et elle a été remplacée par trois questions, une par levier. Les candidats marqués « retiré » ne sont plus dans la course, leurs réponses restent dans le quiz pour la comparaison.

Levier 1 — L'assurance chômage

C'est l'axe sur lequel Édouard Philippe s'est exprimé en août 2026. La question posée : « Que pensez-vous de l'assurance chômage ? »

Levier 2 — L'État comme employeur

Le deuxième axe ne parle plus des chômeurs mais de l'État : doit-il créer les emplois lui-même ? La question posée : « Jusqu'où l'État doit-il aller pour créer des emplois ? »

Levier 3 — Le coût du travail

Le troisième axe porte sur les cotisations payées par les entreprises, le levier que résume la formule « baisser les charges ». La question posée : « Faut-il baisser les cotisations payées par les entreprises pour favoriser l'embauche ? »

Ce que les trois leviers montrent

Découpé en trois, le débat cesse d'opposer deux camps. La droite et le centre-droit restent groupés sur les trois axes : durcir l'indemnisation, laisser faire le privé, baisser les cotisations. La gauche se sépare davantage : entre ceux qui veulent un emploi garanti par l'État et ceux qui veulent embaucher dans les services publics sans aller jusqu'au droit à l'emploi, entre ceux qui veulent augmenter les cotisations et ceux qui veulent seulement supprimer les exonérations existantes. Le RN, lui, se retrouve avec la gauche sur l'indemnisation et au centre sur les deux autres leviers.

Chômage : arguments pour et contre le durcissement de l'indemnisation

Arguments pour un durcissement des règlesArguments contre
Inciter au retour rapide à l'emploi, réduire le chômage de longue durée.Risque de précariser des personnes déjà en difficulté, sans garantie d'emplois disponibles en face.
Cohérence avec la logique d'activation déjà appliquée au RSA depuis 2025.Effet mécanique déjà documenté sur les statistiques, sans preuve d'un effet réel sur l'emploi.
Rapprocher le système français des standards européens jugés plus incitatifs.Le chômage des jeunes, déjà supérieur à 21 %, appelle plutôt un accompagnement renforcé qu'une sanction.

Pour aller plus loin

La question du chômage est liée à d'autres débats du Quizz du Berger :

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