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Réduire le nombre de parlementaires : le débat relancé par Attal, et les positions des 42 candidats à la présidentielle 2027

2026-08-10

Gabriel Attal veut ramener l'Assemblée nationale à 350 députés et le Sénat à 200 sénateurs, contre 577 et 348 aujourd'hui. L'annonce du 2 août 2026, présentée comme « la plus grande réforme institutionnelle depuis 1958 », relance un débat vieux de vingt ans qu'aucun gouvernement n'a réussi à faire aboutir. Sur ce sujet précis, les 42 candidats à la présidentielle 2027 ne se répartissent pas selon le clivage gauche-droite habituel.

Réduire le nombre de parlementaires : de quoi parle-t-on ?

La France compte aujourd'hui 577 députés à l'Assemblée nationale et 348 sénateurs, soit 925 parlementaires au total. Un député français représente en moyenne 73 000 habitants, contre environ 100 000 pour un député allemand. Réduire ce nombre suppose une révision constitutionnelle (article 89), donc un vote au Congrès à la majorité des trois cinquièmes ou un référendum. C'est ce verrou qui a bloqué toutes les tentatives précédentes.

Un débat qui a déjà échoué deux fois

Pourquoi le sujet revient dans le débat

L'argument budgétaire et l'efficacité

La Fondation IFRAP, think tank libéral, chiffrait l'économie du projet de 2018 à environ 160 millions d'euros par an. Les partisans d'une réduction ajoutent un argument d'efficacité : moins d'élus, ce sont des débats plus resserrés et des votes plus rapides, sur le modèle du Bundestag allemand souvent cité en comparaison.

L'argument démocratique

En 2019, le président du Sénat Gérard Larcher dénonçait une tentative de « contourner le seul contre-pouvoir démocratique qui existe ». Les opposants à la réduction redoutent des circonscriptions élargies, qui éloigneraient les élus des zones rurales et ultramarines déjà les moins représentées, et un Parlement affaibli face à un exécutif qui, lui, ne rétrécit pas.

Les positions des 42 candidats à la présidentielle 2027

La question a été ajoutée au Quizz du Berger, dans le thème Gouvernance et République. Quatre familles se dégagent, qui ne recoupent pas exactement le clivage gauche-droite.

Famille 1 — Réduction drastique, au nom des économies et du rejet de la « classe politique »

Famille 2 — Réduction significative, comme pièce d'une réforme institutionnelle plus large

  • Gabriel Attal (Renaissance) — Propose de passer à 350 députés et 200 sénateurs, avec un référendum annuel, dans ce qu'il présente comme « la plus grande réforme institutionnelle depuis 1958 ».
  • Gérald Darmanin — Proche de la ligne du bloc central, il avait défendu le projet de réduction porté par Emmanuel Macron et Édouard Philippe en 2018.
  • David Lisnard — Libéral partisan d'un État plus resserré, sa ligne le porte vers une baisse sensible du nombre d'élus.

Famille 3 — Réduction modérée, avec la protection des territoires

  • Édouard Philippe (Horizons) — En tant que Premier ministre, il avait présenté en 2018 le projet de réduction de 25 % des parlementaires, associé à une dose de proportionnelle et à un plafonnement des mandats successifs.
  • François Bayrou (MoDem) — Défenseur historique de la proportionnelle, sa ligne centriste laisse penser qu'il soutiendrait une réduction mesurée assortie d'une réforme du mode de scrutin.
  • Laurent Wauquiez (LR) — Sa famille politique, très implantée au Sénat, plaide plutôt pour une réforme prudente qui ne fragilise pas la représentation des territoires.
  • Bruno Retailleau (LR) — Ancien sénateur de la Vendée, il devrait privilégier une réduction encadrée plutôt qu'une coupe radicale.
  • Xavier Bertrand — Sa ligne de simplification de l'État peut s'accommoder d'une réduction du nombre d'élus, à condition de préserver l'équilibre territorial.

Famille 4 — Opposés à toute réduction

Deux raisons distinctes s'y retrouvent : la défense de la représentation des territoires pour les uns, le refus d'affaiblir le Parlement face à l'exécutif pour les autres.

Réduire le nombre de parlementaires : les arguments

Arguments en faveur d'une réductionArguments contre, ou réservés
Un Parlement plus resserré coûterait moins cher : environ 160 millions d'euros d'économie annuelle selon la Fondation IFRAP pour le projet de 2018.Des circonscriptions élargies éloigneraient les élus de leurs électeurs, en particulier dans les zones rurales et ultramarines.
Des débats plus resserrés et des votes plus rapides, sur le modèle du Bundestag allemand.Le président du Sénat Gérard Larcher y voit une tentative de « contourner le seul contre-pouvoir démocratique qui existe ».
Un député français représente en moyenne moins d'habitants (73 000) qu'un député allemand (environ 100 000).Un Parlement plus petit représenterait moins bien le pluralisme politique, notamment les petits partis et les indépendants.
Un mandat plus clair : moins d'élus, chacun mieux identifié par ses électeurs.Deux tentatives de réforme, en 2018 et en 2019, ont échoué faute de majorité qualifiée ou de temps parlementaire.

Pour aller plus loin

  • Réduire le nombre de parlementaires — la nouvelle question du quiz, avec les réponses détaillées des 42 candidats.
  • Gouvernance et République — Ve et VIe République, proportionnelle, référendum d'initiative citoyenne.
  • Proportionnelle — une réforme souvent proposée en même temps que la réduction du nombre d'élus.
  • RIC — l'autre grand chantier de démocratie directe porté par plusieurs candidats.

→ Faire le quiz

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